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Startups, collaboration ou une nouvelle pérestroïka ?

Startups, collaboration ou une nouvelle pérestroïka ?

*La photo ci-haut présente un timbre de l’époque soviétique dont le slogan est traduit du russe.

Les changements radicaux du développement économique son possibles seulement avec le changement radical de l’esprit humain. Dans le cas contraire, nous avons beaucoup de chances de tomber dans un grand marasme social-économique.

Auteur anonyme

Ceci n’est ni une prédiction, ni une menace. Après avoir démystifié le terme « startup » comme un modèle économique de la nouvelle génération et le développement d’affaires de nouvelles entreprises « startups » basées sur le modèle financier, je partage aujourd’hui ma vision basée sur mon vécu et l‘observation du développement d’affaires et de la transformation organisationnelle, ou « pérestroïka » en startup.

 

Pérestroïka soviétique

Revenons trente ans en arrière, quand l’immense empire l’URSS vit une grande crise économique et sociale et où les moyens de production sont sous le contrôle de l’État. Ce fait décourage l’initiative et l’innovation que l’on trouve dans le secteur privé. De plus, les directeurs d’usines et les fonctionnaires veulent à tout prix conserver le système économique qui leur donnait des avantages considérables, surtout dans un pays où le déficit en produits de consommation était une réalité au quotidien. Le premier ministre Gorbatchev de l’URSS lance alors un appel à la Perestroïka (« reconstruction », tr. du russe) de l’État. Il commence par la libération partielle de la presse, connue sous le nom Glasnost (« transparence », tr. du russe), sans laquelle la démocratisation de l’État n’était pas possible. La démocratisation politique s’intègre par la suite par l’ouverture de frontières et la chute du mur de Berlin. Le programme de la production technologique Uskorenie (« accélération », tr. du russe) est aussi mis en place pour combattre le déficit de la production industrielle et surmonter ainsi la qualité de production technologique à l’échelle mondiale.

Pourtant, la grande perestroïka n’a pas eu de succès et elle a été condamnée dès le début à l’échec. Le problème venait de la structure économique soviétique qui était basée sur des mensonges : l’économie dirigiste est une pyramide de mensonges dans laquelle chaque usine, chaque administration ment sur ses performances aux instances situées en-dessous et au-dessus d’elle dans la hiérarchie. Le système politique, quant à lui, était aussi fondé sur des mensonges. Les responsables politiques (des villes, des régions, etc.) mentaient sur les statistiques, sur la politique intérieure et extérieure, en utilisant la propagande.

 

Pérestroïka québécoise

Vivant à Québec depuis plus de dix ans, j’observe le déroulement d’une grande perestroïka. Les données ouvertes, ou open data, la transparence demandée au gouvernement et les réseautages me rappellent bien Glasnost (transparence) : les thèmes interdits ont commencé petit à petit à se dévoiler (industrie du sexe, par exemple) et les gens expriment de plus en plus ouvertement leurs problèmes (discrimination, abus de pouvoir, corruption, etc.). L’apparition de nouvelles entreprises Startups technologiques et d’incubateurs me rappellent bien Uskorenie (accélération) : on estime que l’entrepreneuriat n’est pas assez développé à Québec et que la Ville de Québec n’est pas assez technologique. Produisons donc encore plus de startups technologiques et d’incubateurs. Cependant, on ne donne pas des rapports sur la réussite et la performance des startups, sachant pourtant que la majorité d’entrepreneurs vivent des difficultés financières causées par le manque de clients et de ressources pour faire progresser leurs affaires.

Ensuite, la dernière année a été remarquée par une chaine de faillite de grosses entreprises, tels que FutureShop, Jones New York, Target, Mexx, Smart Set, Zellers et plusieurs autres. Pour donner une bonne impression, Québec International publie son nouveau Bilan et Perspectives disant qu’à Québec on vit 5.2 % de moins de faillites. Bien sur, nous sommes toujours en accélération, il ne faut pas décevoir la population! Les statistiques positives gouvernementales garantissent, elles aussi, la satisfaction des attentes à 95 %, mentant abondement sur la gouvernance déficiente du secteur public.

Quant aux propagandes politiques, les partis québécois, à part ceux qui ont moins de pouvoir, n’utilisent que des propagandes pour embêter leurs adversaires. Par exemple, les péquistes et les libéraux polluent les médias par leurs attaques pré-électorales. Ils offrent bien des mensonges électoraux profitant de l’ignorance sociale-politique des gens et ils jouent sur la peur de la population. Souvenez-vous de la charte des valeurs et du référendum ? Le Bloc Québécois avait promis de ne pas faire de référendum. Pourtant, leur future campagne électorale est orientée vers celui-ci. Les grands fournisseurs de télécommunication font la même chose : Vidéotron attaque Bell pour gagner de la concurrence, tandis que leurs clients savent très bien que les deux fournisseurs offrent le même service de facturation déficient.

 

Ère de l’économie de la connaissance

Parallèlement, une grande vague mondiale de créativité arrive et annonce une nouvelle ère de l’économie de la connaissance qui est liée à l’importance croissante des activités de recherche et d’éducation dans l’économie mondiale. Elle se définit alors comme un stade du capitalisme où se généralise un modèle productif particulier organisé autour des complémentarités organisationnelles et technologiques entre les TIC, les utilisateurs et une organisation qui permettrait la pleine utilisation du potentiel de productivité de ces deux éléments. Une mutation des domaines du marketing, de la gestion et du design émerge dans un nouveau modèle économique (Business Model Generation) qui prône une nouvelle étape de développement d’affaires basé sur l’expérimentation. Pourquoi ce mouvement arrive-t-il? Parce que, dans un nouveau contexte de mondialisation et d’abondance de l’information, la connaissance devient le facteur de rareté et la source de la compétitivité. Dominant la société depuis les années 70, la connaissance devient aujourd’hui le facteur de concurrence. De plus, avec la turbulence du marché et la crise économique, les anciennes méthodes de planification stratégique ne sont plus en mesure de garantir la performance. Car, seulement grâce à l’expérimentation et à la validation, on peut réduire le risque et l’incertitude lors de l’innovation.

Pourtant, pour certaines moyennes et grandes entreprises québécoises, la créativité est perçue, pourtant, comme une perte de temps ou comme un brainstorming sans fin. Leur développement est toujours orienté plutôt vers le produit et l’exécution des tâches que vers la recherche et la validation. Elles adaptent toujours la culture « dirigiste », parlant de « la gestion de la créativité », de « la gestion de l’innovation » et de « la gestion de relation du client ». Elles ne s’attardent pas beaucoup sur la recherche des besoins du client, faisant « la gestion des attentes ». Elles ne testent pas les résultats, faisant « la gestion des contraintes budgétaires ». Comme me disait un ami directeur de services-conseils d’une grande entreprise : « On ne peut pas faire de l’innovation! Tout d’abord, nos clients ne désirent pas d’innovation, ils désirent seulement une amélioration continue. Ensuite, il faut convaincre une grande hiérarchie dont le grand parton, mais nous avons rarement accès à lui ».

Les petites entreprises et Startups, quant à elles, intègrent aussi la culture « dirigiste ». Testant seulement leurs idées de l’innovation et pas nécessairement leurs modèles d’affaires, elles créent de la valeur pour les anges financiers qui ne sont pas forcément leurs clients potentiels. Nous sommes alors très loin du modèle d’affaires économique et de l’économie de la connaissance !

 

Conclusion

Faisant la parallèle entre la perestroïka soviétique et la perestroïka sociale-économique québécoise, je vois beaucoup de ressemblances.

Premièrement les gestionnaires et les fonctionnaires font preuve d’inconscience des risques de l’avenir inconnu et ils font preuve de leurs auto-mensonges. En nous disant que la crise arrive à nos voisins et pas ENCORE chez nous, selon nos statistiques positives, nous gardons alors une résistance aux changements en attendant la preuve d’une véritable crise. Ce manque d’agilité concerne surtout les grandes structures, qui ne regardent pas ailleurs et qui n’assument pas les véritables risques de la concurrence.

Deuxièmement, la ressemblance entre les deux perestroïkas se présente en absence de la vision commune à long terme qui pourrait amener la société sur le bon pied. Gorbatchev avait une vision d’une nouvelle civilisation démocratique voulant transformer le grand empire en une union de républiques souveraines. Pourtant, les fonctionnaires n’ont pas partagé sa vision et ils ont soutenu leur résistance. La population n’était pas également prête pour cette transformation, elle voulait seulement se débarrasser du régime soviétique. Je me souviens très bien comment tout le monde se moquait de Gorbatchev et de « sa pérestroïka », mais c’est seulement avec le recul que je compris la valeur qu’il voulait apporter pour la société.

Pour ce qui est du/de Québec, nous n’avons pas encore d’un leader visionnaire comme Gorbatchev voulant créer une vraie valeur pour la population et transformer la société dirigeante en une société démocratique. Nous agissons de façon pyramidale, nous consultons à peine la population et nous gardons encore une forte résistance aux changements.

Comme la Russie et les autres pays de l’ex-URSS qui ont plongé dans le marasme politique, économique et social des années 1990, le Québec risque de répéter ce cheminement dans les prochaines années. Puisque le grand malheur n’est pas encore arrivé, on réchauffe tranquillement le siège. Mais la grande pérestroïka est déjà en route. Nous vivons en ce moment Glasnost (transparence) quand on veut parler ouvertement et Uskorenie (accélération) quand on veut produire plus d’entreprises et d’incubateurs. Produire plus pour seulement produire plus aboutira à une grande crise économique, puisqu’on change les moyens mais pas la façon de faire. Ceux qui sont plus agiles et visionnaires s’adapteront aux changements, comme l’ont fait les “nouveaux russes”, les petits commerçants devenus millionnaires après la perestroïka. Les grandes structures, quant à elles, surtout celles qui ont des CA, perdront leurs statuts.

 

Agissez!

Pour éviter la crise, agissez dès maintenant ! Consultez davantage vos clients avant de planifier. Testez vos produits et services avant de les mettre en œuvre. Osez expérimenter et explorer de nouvelles opportunités. L’économie de la connaissance ne se limite pas aux seules technologies de l’information ! Elle inclut des investissements en capital humain et en innovations organisationnelles qui sont complémentaires et nécessaires à ces technologies. Collaborez en équipe, parce que l’intelligence collective est une nouvelle source de prospérité. Si votre compagnie n’arrive pas à faire des changements, nous vous nous pourrons vous accompagner pour faciliter la transformation et pour accroître votre performance organisationnelle. Nous vous aiderons à déterminer votre valeur unique qui fera la différence sur le marché et qui créera un impact positif sur la société. Pour plus de détails sur nos services, visitez notre site Web ou contactez-nous via info@umnarchitech.com.

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